L'arme qu'il avait récupéré était déjà rangé dans sa hotte. Noé soupira à son tour puis leva les mains en l'air, ils étaient en effet trop nombreux pour les affronter directement. Le marchand ne semblait pour autant pas abattu, ni paniqué, peut être ne mesurait-il pas le danger de la situation ?
— Bonjour messieurs dames.
Un léger sourire se dessina sur son visage tandis que son regard passait tranquillement d'une arme à une autre.
— Quelle réception... Dites-nous, en quoi pouvons-nous vous aider ?
Valosh
Messages
-
L'allée venteuse -
L'allée venteuseAvec Adrian, Noé s'extirpa alors des plantations avec le nécessaire pour survivre au voyage jusqu'à la Carcasse. Il se trouvait derrière son camarade, plus qualifié pour parer les attaques. Le vent ne facilitait pas la fuite mais ils n'avaient pas d'autres choix que de composer avec. Ses lunettes permettaient d'atténuer quelque peu les effets.
Le marchand était sur ses gardes. -
PlantationUne performance qui méritait d'être soulignée. Noé n'eut nul besoin de prendre de risques de son côté, c'était... reposant de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre.
— Quelle adresse... J'ignorais que tu étais également chasseur de gourde.
Chuchota-t-il à son retour. Il continua de surveiller les alentours et le comportement des malfrats. -
PlantationSon jugement envers le comportement de ces humains état très sévère, il les méprisait au plus haut point. Les robots avaient détruit en partie leur monde mais les survivants de ce genre rendaient sans espoir la refonte d'un peuple civilisé. Sa main se dirigea timidement en direction de l'une de ses nombreuses poches et... Il s'assura que celle ci soit bien boutonnée. Rien n'en sortit. Il ne pouvait rien pour ces gens.
— Nous devons encore quitter ce camps.
Si un atout il avait, il ne souhaitait pas l'utiliser maintenant. Il ramassa à son tour quelques plantations et mémorisa bien les visages, les tenues de ce groupe hostile.
— Si tu rencontres des ennuis, je céerai une diversion. -
PlantationEn voilà un qui ne faisait pas dans la dentelle. Adrian avait sans doute raison, lui était peut être encore trop naïf et doux pour ce monde... Noé en avait profité pour récupérer l'arme de l'inconnu abattu par le chasseur de tech. Même s'il n'était pas un grand adepte des armes à feu, il reconnaissait leur valeur et leur prix.
En pénétrant dans les plantations, Noé découvrit la situation mal embaraquée dans laquelle se trouvaient les habitants du bidonville. Devait-il intervenir ? Les gourdes placées sur les tables non loin donnaient envie. Il chuchota en direction d'Adrian.
— Je ne suis ni le meilleur tireur, ni un héros. Mais si tu veux les aider, je t'accompagne, je t'en dois une. -
L'allée arrièreBrac récupera alors la boussole de son acolyte et mémorisa le cap désigné par les aiguilles. Il ignorait toujours ce qui poussait Adrian à l'aider autant mais sa présence n'était pas pour le déplaire. Son arme encore moins.
Mais les rencontres dans ce monde ne pouvaient être semblable à celle qui l'avait conduit dans cette allée. Une personne bien plus hostile venait de les interrompre, le forçant à s'arrêter et se retourner. Le marchand soupira et leva les mains en l'air, bien écarté de son corps.
— Doucement... Gardez vos munitions pour les robots l'ami.
Ses mots pouvaient être adressés à chacun. Noé ne représentait pas une menace et était clair dans ses intentions, il ne souhaitait pas de combat armé et comptait sur le bon sens de son "ravisseur", s'il en était mûni. Jusqu'à présent il arrivait toujours à se sortir de situations périlleuses. -
L'allée arrièreHabitué aux excursions solitaires, Noé avait oublié qu'il ne pouvait pas voyager à deux comme il voyageait seul.
— Je suis arrivé il y a peu, je n'ai pas eu le temps de faire mes réserves.
C'était d'ailleurs l'un de ses objectifs de son arrivée en "ville".
— Mes vivres me permettent à peine de voyager seul.
S'il devait prévoir pour Adrian, c'était foutu. En se rationnant, il était capable de tenir le voyage mais avec un compagnon de route, la donne avait changé. Un détour semblait s'imposer... -
L'allée arrièreIls se retrouvaient alors dans une allée adjacente au taudis, Noé avait remis ses "lunettes de tempête" en place sur ses yeux.
— Tu peux m'appeler "Brac", c'est mon nom de marchand, voyageur, artiste...
Naturellement, il se dirigea à l'opposé du bruit.
— Je te suis.
Tout sympathique Adrian pouvait paraître, Noé n'était pas très à l'aise avec cette idée de voyager avec un homme armé dans son dos. Et puis n'est ce pas à l'homme armé d'ouvrir la voie ? -
Le taudis communNoé se redressa aussitôt. Ce coup de feu mit fin à son travail d'analyse. Il ne voulait pas tomber dans cette panique que provoquait la peur des robots, entendre un coup de feu aussi proche d'un camps n'était guère rassurant. La réaction du marchand laissait entrendre que ce n'était pas habituel.
— J'espère que ce n'est pas quelqu'un ou quelque chose qui vient récupérer ce que tu transportes.
Plaisanta-t-il à moitié. Le voyageur se rapprocha de sa hotte qu'il accrocha à son dos.
— On se tire ?
Si des problèmes il pouvait éviter, des problèmes il évitait. -
Le taudis communSes mains se croisèrent sur son thorax, à l'écoute des détails techniques du marchand. Il regarda les différentes pièces récoltées, les assembla dans son imaginaire puis s'amusait à deviner leur usage. Noé etait lui aussi, bien en peine à l'oeil nu, d'emettre une hypothèse sur le rôle de cette technologie.
— A première vue je dirai que le boitier commande quelque chose et que cette tige permet d'envoyer un signal.
Noé fouilla profondément dans son cerveau... Avait-il pu croiser au cours de ses périples un dispositif similaire ? -
Le taudis communNoé étudia la proposition du marchand. Il demeurait méfiant, il en avait croisé des beaux parleurs et des faiseurs de promesses. Cherchait-il à le manipuler ? Pourquoi Noé n'avait jamais entendu parler de cette " Carcasse" ? Pourquoi demander à un inconnu comme lui ?
Son regard s'attarda un instant sur la boussole puis sur le sac du marchand.
— Intéressant...
Mais cet élan de générosité ne pouvait pas ne rien cacher.
— Mais avant de marcher deux jours dans le désert avec toi, j'ai besoin d'en savoir davantage.
Il pencha légèrement la tête.
— Qu'est ce que tu as trouvé qu'ils recherchent ? -
Le taudis commun" A deux c'est plus sûr ", la "Carcasse", Noé aux premiers abords, ne semblait pas emballé par la proposition de son confrère. Mais peut être que les informations supplémentaires qu'il s'apprêtait à recevoir le motiverait ?
— Je ne connais pas.
Un sourire en coin, il adorait apprendre, découvrir... Maintenant il ne se laissait pas embarquer dans des aventures sans un minimum de garantie.
— Qu'est ce qu'on y trouve ? Ou plutôt... Qu'est ce que l'on peut gagner ?
Le jeu en vaut-il la chandelle ? -
Le taudis communNoé afficha une moue embêtée. Si les affaires de ce monsieur n'étaient pas bonnes, les siennes ne le seraient probablement pas non plus.
— Je viens d'arriver oui.
Peut être trop tard pour récupérer les quelques clients de son concurrent...
— Et c'est souvent comme ça... Quand on a faim on pense au prochain repas. Mais on oublie que certaines technologies pourraient éviter d'avoir faim demain. -
Le taudis communNoé acquiesça doucement et se positionna de 3/4 pour lui offrir un point de vue sur sa hotte.
— Je vends, j'achète... j'échange. Cela dépend de la personne que j'ai en face de moi.
Il reprit sa position initiale.
— Combien de clients aujourd'hui ? -
Le taudis communNoé pensait récolter davantage de réactions... A défaut, il retrouvait deux compagnons de route qu'il connaissait déjà bien : le silence et le vent. Après quelques jours à ne converser qu'avec lui même, il éprouvait toujours ce besoin de retrouver des voix humaines. Les sédentaires semblaient avoir appris à apprécier ces silences. Il ne s'en formalisa pas, les groupes déjà engagés dans leurs discussions n'avaient aucune raison de les interrompre pour un inconnu... Sa réputation n'était pas celle qu'il pensait.
L'étranger toussota et son regard dériva plus loin sur le profil d'un marchand, lui aussi n'avait pas l'air d'affoler les foules. Noé quitta son siège et heurta du coude sa hotte qu'il manqua de renverser.
— Tout doux...
Plutôt que de chercher à retrouver un équilibre parfait l'homme rattrapa sa hotte qu'il positionna en appui contre son siège .
Satisfait, il vint alors à la rencontre du marchand.
— Salutations cher confrère. Comment vont les affaires ?
Avant de s'intéresser à l'étal, il était important de s'intéresser à la personne... Ou de donner cette impression. -
Le taudis communAlors que le vent s'invitait brutalement à l'entrée de ce taudis, le corps d'un homme vint un instant barrer la progression des rafales avant de les laisser reprendre leurs droits.
L'inconnu entra d'un pas tranquille, un sourire en coin des lèvres. Les sangles qui lacéraient ses épaules soutenaient une imposante hotte et les cliquetis qui accompagnaient chacun de ses pas laissaient penser que lui aussi semblait avoir déniché quelques trésors dans le Grand Désert.
Son regard balaya brièvement la salle avant de se diriger vers un siège inoccupé.
Sans un mot, il s'en approcha et déposa délicatement sa hotte. C'était l'un de ses paniers dont raffolaient, disait-on, les cueilleurs d'un autre temps. Chacun de ses gestes était précis. Ses mains restèrent quelques secondes posées de chaque côté du panier, corrigeant son équilibre jusqu'à avoir la certitude qu'il ne basculerait pas sur ce sol accidenté. Le taudis était déjà suffisamment encombré, s'il pouvait éviter d'y déverser son contenu.
Satisfait, l'homme prit enfin place.
Il tira de l'une de ses poches un vieux peigne étonnamment bien conservé. Quelques dents d'une teinte différente avaient visiblement été remplacées au fil des années. Deux coups rapides suffirent à remettre de l'ordre dans une chevelure que le vent et le sable avaient déjà condamnée depuis bien longtemps.
Noé adressa un sourire complice à un homme, non loin, qui avait levé les yeux en sa direction.
— On fait ce qu'on peut...
Le peigne disparut aussitôt dans la même poche. Il retira ensuite ses larges lunettes de tempête, souffla longuement sur les verres, les essuya du revers de sa manche puis les laissa reposer sur le sommet de son crâne.
Son regard parcourut alors la salle.
— On m'a dit qu'il y avait de belles trouvailles dans ce camp.
Courte pause.
— J'espère qu'on ne m'a pas menti.
L'homme qu'il recherchait était-il dans cet enceinte ?